1 OBJECTIF PRINCIPAL
Défendre les intérêts des sapeurs-pompiers volontaires
Découvrez-nous
au travers de cet auto-interview
Publié le 12/09/2020
Bonjour, en deux mots parlez-nous de votre collectif ?
Nous sommes un groupe de chefs de CIS volontaire de tous les groupements, avec plus largement une implication de tous les SPV qui les composent.
Pourquoi avoir créé ce collectif ?
Il est né pendant les mouvements sociaux qui opposaient les SPP à la gouvernance du SDIS 64 en 2019. Lors du G7 à Biarritz des postures de certains SPP à l’encontre de SPV ont été pour le moins discutables. La gouvernance du SDIS n’a pas pris la mesure de l’impact de ces évènements et n’a pas pris les bonnes décisions dès qu’elle en a eu connaissance. Lorsque nous l’avons su, nous nous sommes réunis et avons décidé de demander des comptes.
Qu’entendez-vous par « demander des comptes » ?
Lorsque l’on se sent agressé, on ne réagit pas forcément bien et la colère n’est pas bonne conseillère. A chaud, nous souhaitions que les auteurs de ces actes présumés soient punis et que chacun prennent ses responsabilités. Les auteurs, les victimes et surtout nos « Chefs ».
Que s’est-il passé ?
Une enquête a semble-t-il été menée, mais sans grand résultat. Plus d’un an après, toujours rien. Pendant cette période, le climat était tendu et ce genre de décisions certainement difficiles à prendre, surtout lorsque c’est parole contre parole.
A l’heure actuelle, quel est votre sentiment sur ces évènements ?
Après réflexion, nous restons persuadés que tous les acteurs n’ont pas pris leur responsabilité. Les organisations syndicales auraient pu dénoncer ces actes, la gouvernance aurait dû protéger les SPV impliqués et aller au contact. Les SPV auraient dû faire des comptes rendu et l’UD aurait dû jouer son rôle. Tous ont tardé, il a fallu que l’on monte au créneau pour que les choses bougent et forcément la colère s’est installée.
Comme nous le disions cette période était tendue. Et dans ce contexte, il faut peu de choses pour faire dérailler un groupe : la fatigue, la durée du conflit social, le sentiment d’injustice… ce jour-là, le mélange était parfait pour que ça « pète ».
Il faut maintenant passer à autre chose, pas de rancune, mais il ne faut pas perdre la mémoire pour autant.
Comment est perçu votre collectif ?
Comme toute organisation qui naît, nous n’étions que quelques-uns au tout début. Principalement du groupement EST et notre action a fait sourire, nous avons été regardé, par certains, avec suffisance. Peu croyaient en la pérennité de notre collectif.
Lorsque nous avons voulu être reconnus par le SDIS 64, la réponse de la gouvernance a été de nous dire que c’était impossible au vu des statuts. Que nous devions présenter des listes pour les élections du CCDSPV et CATSIS. Ils pensaient certainement que nous n’y arriverions pas. Ils se trompaient !
Nous montons en puissance, nous rassemblons au-delà des SPV. Dans les rangs des SPP, nous trouvons du soutien, on nous dit que si il doit y avoir du changement, cela passera par le collectif, que nous obtiendrons ce que certains se voient refuser. Si au début nous faisions rire, il en est autrement maintenant.
Quel est votre objectif ?
Notre objectif 1er est le bien-être des Sapeurs-Pompiers, et comme nous représentons les SPV, c’est à eux que nous pensons. Nous voulons le mieux pour eux. Le rôle d’un Chef de CIS est de penser avant tout aux SP qui composent son CIS. C’est notre mission et notre devoir. Alors pourquoi ne pas mettre au service du collectif ces principes que nous appliquons tous les jours ?
Nous nous sommes engagés à les protéger et les défendre. Si un SPV a fauté, alors il faut le réprimander et au besoin le sanctionner, nous serons les premiers à le faire. Mais si il n’a rien fait, alors attention, il ne faut pas le toucher, nous ne sommes plus dans la passivité. Nous sommes nombreux, déterminés et engagés.
Est-ce des menaces ?
Bien sûr que non ! Nous ne sommes pas des guerriers, nous voulons le dialogue et le consensus, la réflexion avant l’action.
Vous parlez de votre objectif premier, quels sont les autres ?
Nous voulons rassembler, fédérer autour de notre projet et nous voulons surtout de la transparence. Il faut que l’opacité qui règne autour de nos instances cesse. Nous n’avons pas eu la tâche facile pour engager nos listes. Si nous n’avions pas de bienveillance, nous pourrions penser que nous dérangeons. Que le pré carré de certains ne doit pas être foulé. Mais encore une fois, contre toute attente, nous sommes là. Si nous présentons des listes au CCDSPV et CATSIS, ce n’est pas pour faire de la figuration. Nous avons un profond respect pour l’UD, mais il est temps de changer la donne, nous voulons de la transparence là où il n’y en a pas, nous voulons du changement là où il n’y en a plus. Depuis des années une seule équipe est en place et cela sans concurrence, ils ont certainement fait leur travail du mieux qu’ils l’ont pu mais peut-être se sont-ils installés dans la routine.
Nous voulons agir dans la concertation, nous connaissons les enjeux, nous savons que rien n’est facile, mais ensemble, avec les compétences de tous, nous irons plus loin et durerons plus longtemps. Le temps de l’omniprésence et de l’omnipotence est révolu. Tout ne doit pas tourner autour d’une seule personne, notre collectif en est la preuve. Depuis sa création, nous avons vu quelques changements, nous avons été concertés sur certains points. L’armement des engins, la mise en œuvre de l’aide à la décision. Nous avons été destinataires de quelques ordres du jour et comptes rendu de réunion du CCDSPV. Ce n’était jamais arrivé ! Pourquoi ? Parce que personne ne se sentait concerné, et nous les premiers. Cela arrangeait tellement de monde… mais c’était avant !
Mais encore ?
Nous voulons communiquer, ce qui est à l’heure actuelle une grande lacune dans notre SDIS. Il ne faut rien cacher, il faut expliquer, nous sommes de grandes personnes chefs de familles et de CIS. Nous sommes capables de comprendre les difficultés à mettre en œuvre des réformes, à changer de voies. Nous le disons à nos instances : tout ce qui est caché laisse la place au doute et à la spéculation. Nous ne serons pas dans cette optique.
Il y a tant à dire et à faire, tant de retard à rattraper, tant de confiance à regagner. Notre tâche ne sera pas facile, mais nous sommes là, nous y resterons, nous grandirons. Nous commençons à compter dans le paysage du SDIS 64 et ce n’est pas fini. Cela n’est peut-être pas le terme approprié, mais nous sommes une force de frappe considérable. Il faut juste bien nous considérer et surtout ne pas faire que nous devenions une arme.
Si vous aviez une conclusion, quelle serait-elle ?
Nous sommes au début d’une belle histoire, un beau challenge est à relever et il ne faut pas laisser passer cette occasion. Cela vaut pour nous mais aussi pour la gouvernance du SDIS. Ils ont raté le premier passage, nous en ferons un autre, élus ou pas !
Ce qui fait notre force est aussi notre faiblesse, nous nous adaptons en permanence, répondons présents à toutes sollicitations et nous ne demandons jamais rien d’autre qu’un nouvel engin ou une amélioration de nos casernes. Nous ne serons plus dans cette posture. Nous avons droit à une meilleure considération.
Le Colonel BOULOU, notre nouveau Chef de Corps vient d’arriver, nous lui souhaitons la bienvenue. Nous allons lui laisser le temps de prendre la mesure de ce qui va et ne va pas. Car il y a de très belles choses dans ce SDIS et nous ne faisons pas que nous plaindre, nous construisons. Quand sera venu le temps, alors nous le solliciterons pour une rencontre et ainsi développer un vrai partenariat.
Colonel,
Fixez-nous un cap, tenons-le et si nous devions nous en détourner, surtout, dites-nous pourquoi. Alors nous vous suivrons.
Mais encore ?
Publié le 19/09/2020
Comment se passe la campagne électorale ?
Très bien, elle est respectueuse des personnes. Notre action fédère de plus en plus et les soutiens à nos listes sont de jours en jours plus nombreux. Mais nous restons vigilants, nous veillons au respect de l’équité.
Que voulez-vous dire ?
Plusieurs SPV n’ont pas reçu leurs codes. Nous avons fait des réclamations auprès du SDIS64 et il semble que cela rentre dans l’ordre. La mise en page faite par le prestataire avantageait certaines listes. Là encore nous avons fait rétablir l’équité.
Concrètement, que comptez-vous proposer ?
Pour finaliser la reconnaissance du volontariat tant mise en avant, quelques primes seraient bienvenues, comme par exemple des primes de spécialité, des primes pour les formateurs de secourisme, incendie, les conducteurs tout terrains, les chefs d’agrès une équipe et tout engins, et pourquoi pas la dispo libre. Ces mesures pourraient faire évoluer la disponibilité et encourager les agents déjà formés à rester sans doute un peu plus longtemps.
Sur le plan opérationnel, il nous est demandé de plus en plus de compétences, or les réformes s’enchaînent et nous nous retrouvons souvent déstabilisés tant la posture prime sur l’efficacité. La documentation opérationnelle transmise aux CIS est très riche mais non exploitable en intervention. Nous souhaiterions la réalisation de fiches réflexes départementales et un accompagnement à la mise en œuvre des nouvelles pratiques.
Des bruits circulent sur la campagne que mènent les listes concurrentes. Avez-vous un avis ?
Comme nous disions précédemment, ne pas expliquer laisse place à la spéculation et aux doutes. Nous n’avons rien à dire sur le fond, sur la forme en revanche des questions se posent. Comment sont financés les envois postaux ? Une grande partie de la trésorerie de l’UD provient des amicales des CIS. Il y a aussi une participation du SDIS64 et ensuite de dons et autres… si les candidats ont financé ces envois sur leurs fonds propres, alors rien à dire mais si ce n’est pas le cas, alors il y a un problème. Vous voyez sans explication beaucoup de questions…
Même si le scrutin vient à peine d’être ouvert, pouvez-vous nous donner un bilan ?
Notre bilan est positif. Nous avons prouvé que nous étions à la hauteur des enjeux en remettant les choses en place pour ces élections. Le prestataire du SDIS64 a dû apporter des modifications à son site de vote et certains services
du SDIS64 ont dû se remettre en question. Nos candidats ne sont en lice que pour un seul scrutin, nous ne voulions pas cumuler les mandats. Notre projet fédère et nous avions de nombreux candidats pour intégrer nos listes. Nous avons
dû faire des choix, mais nous avons largement réussi la composition de nos listes. Au sein du Collectif SPV 64, pas de novice ! Que des personnes compétentes qui connaissent le terrain, les difficultés des SPV, mais aussi ce
qui va bien, ainsi nous pourrons construire sur des bases solides.
En 1 an et demi d’existence, nos actions sont plus que positives : nous avons obligé la gouvernance à sortir de sa zone de confort et donné beaucoup de sens à ces élections.
Pour conclure ?
Quel que soit le verdict des urnes, les SPV sont déjà vainqueurs. Nous le répétons, même si nous ne faisons partie d’aucune instance, ce qui ne sera pas le cas, nos voix compteront et pèseront dans les futures décisions que prendra le SDIS64. Les sapeurs-pompiers volontaires ont gagné en lisibilité et visibilité, des échanges se sont déjà instaurés avec la direction départementale qui semble prendre en compte les remontées des unités opérationnelles. Nous sommes prêts à œuvrer ensemble, tout statuts confondus unissant nos diversités au profit d’un service public efficient. Nous allons faire en sorte que nos élus comprennent que l’on est passé de l’ère « bénévole » à celle de « volontaire ». Il y a plusieurs années de cela, le SDIS64 a dit : nous allons mettre l’humain au centre du dispositif. Nous n’avons pas vu de changement ! Nous, ce que nous allons faire, c’est remettre l’église au centre du village.
Enfin, et ce sera notre dernier mot, nous tenons à remercier les sapeurs-pompiers volontaires, professionnels et personnels administratifs et techniques qui tout au long de cette aventure nous ont soutenu dans notre démarche.